Arrivé il y a un mois, l’entraîneur Dragan Mihailovic espère étirer jusqu’à début juin, la saison des Cristoliens. Interview sans filtre avec le nouveau coach des Béliers.
Dragan, cela fait maintenant un mois que tu es à la tête de l’équipe première. Comment se sont passés tes premiers pas à Créteil ?
Très bien. Il y a forcément eu une petite période d’adaptation de ma part et des joueurs. On a fait connaissance, essayé de détecter un peu la problématique qu’ils avaient. Je savais qu’il y avait la qualité dans cette équipe là. J’ai surtout mis l’accent sur la notion de plaisir. Après un mois, ils comprennent un peu ma façon de fonctionner et essaient d’avancer, de pousser. Maintenant qu’on est en ordre de marche pour les Playoffs, on se prépare à aller plus loin. On essaie que tout le monde aille dans la même direction.
Dans un contexte très serré en terme de timing (NDLR : au mieux, la fin de saison va durer trois semaines pour les Cristoliens), quels ont été tes axes de travail pour le groupe ?
Quand je suis arrivé ici, je trouvais l’équipe un peu endormie. Ils n’étaient pas en confiance. J’essaie de positiver la qualité de l’équipe. Je veux simplement qu’ils retrouvent le plaisir d’être ensemble, de jouer ensemble, de vivre ensemble. Créteil, c’est une équipe, je pense, qui mérite d’être en haut de l’affiche.
Je discute beaucoup avec eux, je vois comment ils travaillent. On essaie de retrouver le sourire ensemble, de rigoler aussi un peu, tout en étant sérieux et d’aller tous vers le même but : essayer de faire au mieux dans ces Playoffs.

Tu as mis aussi l’accent sur la défense…
Durant ma petite carrière, quand j’étais ici en France, j’ai toujours travaillé sur la défense parce que c’est un aspect du jeu que j’affectionne. Pour moi, un joueur ne peut pas me dire : « Moi, je ne sais pas défendre. » Tout ça, c’est dans la tête. Avant que j’arrive ici, le club a pris 30, 39, 40 buts par match. Aujourd’hui, on est à 23, 24, 25. On peut toujours améliorer la défense. Je pense qu’on doit s’améliorer pour aller plus haut, que l’équipe est capable de défendre encore mieux. Je trouve que sur les matchs que j’ai passés avec eux, ça commence à avancer dans ce sens-là et je trouve que les joueurs y adhèrent. Ce sont des joueurs qui travaillent et qui se comportent bien pendant le match et pendant l’entraînement.
Par rapport aux anciens, à tous les gens qui sont passés par le club, on se doit de ne rien lâcher et toujours montrer que Créteil reste Créteil.
En plus, tu as la problématique de ne pas avoir le meilleur buteur de l’équipe, Mario. Est-ce que ça responsabilise un peu plus les autres buteurs ?
Des joueurs sont mécontents quand ils ne jouent pas, et râlent aussi quand ils jouent trop. Je veux remettre le collectif au coeur du dispositif. Mario est un très bon joueur, nous n’avons plus d’ailier droit et on essaie de s’adapter un peu à droite. Je pense que les joueurs ont compris qu’on a des difficultés, mais aussi et surtout des forces. SI un joueur manque, c’est à moi d’apporter des solutions. Les joueurs ne doivent manquer de rien.

Les playoffs ça démarre jeudi. Comment appréhendes-tu cette période qui va être très intense ? Est-ce que c’est même une nouvelle saison ?
Oui. Comme je l’ai dit aux joueurs : on oublie tout ce qu’on a fait. On joue une équipe de Caen, une très belle équipe qu’on a battu peut-être deux fois, chez eux et chez nous. Mais là, ça n’a rien à voir, c’est un nouveau championnat, on recommence à zéro. Tout est ouvert sur la période-là. Tout le monde peut battre tout le monde, tout le monde peut perdre contre tout le monde, mais c’est l’équipe qui va être un peu mieux dans la tête, l’équipe qui va être un peu mieux préparée psychologiquement, physiquement et tactiquement qui va aller au bout. Je pense que les joueurs de Créteil ont une belle expérience. On a essayé de proposer notre jeu, qu’on a mis en place. Je pense que l’on peut y arriver. Mais pour cela, il nous faut nous battre pendant une heure. Là, tu peux bosser jusqu’à ce que ça commence, mais une fois que ça commence, la part de travail va être plus difficile. Ça va être un peu plus de récupération, de petites corrections. Les joueurs gèrent aussi psychologiquement. C’est une période où les kinés et les médecins ont plus de boulot. Je pense que les joueurs sont pros et qu’ils restent pros. Je fais confiance à l’équipe là, ils sont capables, ils ont les moyens d’y arriver. Maintenant eux aussi, comme je dis toujours à certains joueurs : Ce n’est pas maintenant qu’on va apprendre à jouer au handball, à faire une passe. il faut que les joueurs se disent : « c’est beau, je suis là pour mon club, je suis là pour mes copains, je suis là pour moi aussi ». C’est-à-dire mettre l’individu derrière l’esprit collectif.
Tu parlais tout à l’heure de Créteil qui a de l’expérience. Là pour le coup, Caen a aussi l’expérience des play-offs. L’année dernière ils sont allés très loin, ils étaient très proches de la montée. C’est un club que tu connais bien. Quel regard portes-tu sur ce club ?
Effectivement, Caen a déjà joué les Playoffs. C’est une très bonne équipe avec de bons joueurs. Ils ont terminés premiers mais avec un désavantage au goal-average. Je pense que c’est l’équipe qui sera la plus costaude dans la tête qui va gagner le match. L’équipe qui met le plus d’envie en défense va gagner le match. L’équipe qui a plus envie d’aller au bout va gagner. Ça ne va pas vraiment se jouer sur la qualité du handball. Ça va être un combat, ça va être une guerre. Je me dois de donner l’exemple et les joueurs suivent leur coach. Je suis le premier à ramener l’équipe. Je sais que je travaille désormais pour Créteil, un club qui a une tradition. En arrivant ici, c’est un honneur d’être dans ce club là. Créteil est un club de StarLigue, il a gagné beaucoup de trophées dans sa carrière. Nous ne sommes que des maillons de la chaîne. On est là pour faire continuer le club à exister. Par rapport aux anciens, à tous les gens qui sont passés par le club, on se doit de ne rien lâcher et toujours montrer que Créteil reste Créteil.

