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« Pendant la finale, il y avait toute la famille N’Gouan dans les tribunes » Astride N’Gouan

Fraîchement auréolée d’une couronne européenne, un an après avoir été sacrée Championne du Monde avec l’équipe de France, Astride N’Gouan vit pleinement sa carrière de handballeuse, elle qui l’a débutée à Créteil. La pivot désormais messine se souvient de tout et nous raconte son parcours, et sa vie.

Astride, à quel âge as-tu commencé le handball ?
J’ai commencé en U16 (départemental) avec Olivier Valet. Je suis resté en contact avec tout le monde. Par exemple, Benjamin Pavoni m’avait acheté ma première paire de chaussures de handball. Ce sont des choses qui m’ont marquée. J’ai commencé tard mais j’ai eu la chance de rencontrer les bonnes personnes à chaque fois. On m’a accompagnée en Ligue, au Pôle. J’étais grande, athlétique. Les entraîneurs se sont dit que j’allais pouvoir parfaire ma technique après. Ils m’ont mis pivot alors que j’étais arrière au départ. Et ils m’ont dit : « lève les bras et arrête les ballons ».

Et tu te sers encore de ces conseils ?
Non, maintenant, bizarrement, ce n’est plus aussi simple (rires). Quand j’étais jeune, c’était facile mais peu à peu j’ai appris à savoir ce qu’est le poste de pivot. Et j’aime ça, même si c’est un poste ingrat parce que souvent on nous oublie. C’est cool d’être dans la défense et de tout entendre. Je prends des coups mais c’est pas grave parce qu’on peut rendre la pareille en défense (sourire).
Après Noisy, je suis allé à Issy les Moulineaux, au Centre de Formation. Là où j’ai commencé à être professionnelle. J’ai côtoyé de grandes joueuses telles qu’Amélie Goudjo, Mariama Signaté ou encore Angélique Spincer. J’ai appris la pression lorsque je n’attrapais pas les ballons. Jouer avec Stine Oftedal a été quelque chose d’extraordinaire. Tout était facile avec elle. Mais j’aime mon poste pour lequel je continue toujours à apprendre.

Est-ce que tu sens qu’il y a des choses qui ont changé dans le handball féminin ?
Déjà, l’année dernière, de passer sur TF1. C’est quand même quelque chose. Pour l’Euro, par rapport au Mondial, il y a aussi une progression. Au niveau médiatique, on parle davantage de nous. On ne voyait que les garçons qui gagnent tout mais là, on est en train de créer une histoire. Notre point fort est que l’on s’entend super bien. Avec le temps, on arrive à se comprendre et à s’accepter. Il se passe quelque chose en dehors et sur le terrain.

Comment as-tu vécu la compétition à la maison ?
Longue (sourires). Le truc c’est qu’on s’est préparé pendant longtemps et on attendait qu’une chose : que la compétition commence. Le premier match contre les Russes, c’était quelque chose. On entrait vraiment dedans. Ça nous a fait bizarre. Après, il y a eu Nantes et c’était le feu. C’était vraiment quelque chose. L’ambiance, on avait l’impression d’être à un concert. C’était chouette. Là, je ne réalise pas encore qu’on est championnes chez nous. Ce n’était pas facile parce que je n’avais pas un rôle facile non plus. On a beaucoup travaillé que ce soit sur le physique ou la tactique. Je suis trop contente qu’on ait gagné parce que si on repartait bredouille après tout ça…

Olivier Valet (son premier entraîneur, entraîneur de l’ecole de hand de l’USCHB et de la S3) et Astride N’Gouan

Une médaille d’argent, cela aurait été « bredouille » ?
Non, bien sûr que non. Mais quand on arrive en finale, on ne pense qu’à la médaille d’or. On avait aussi notre revanche contre les russes mais je suis contente qu’on n’ait pas eu ça en tête. Sinon on se serait trompé de chemin. Là, on s’est construites petit à petit et à la fin, on a tout cassé.

Cette compétition en trois étapes, trois villes, c’est un paramètre qui a compliqué les choses ?
Nous avions la chance de pouvoir à chaque fois, repérer les lieux, et même nous entraîner. Ça fait bizarre de changer d’environnement à chaque fois mais ça allait. On restait dans notre bulle.

Comment s’est passé la compétition avec les personnes de l’organisation ?
On les a beaucoup sentis derrière nous. Ils ont hyper bien travaillé, toujours aux petits soins avec nous. C’était presque gênant parce qu’ils étaient tout le temps disponibles pour nous. Je les remercie pour toute cette aide parce qu’ils ont beaucoup travaillé. Je pense qu’ils sont contents qu’on ait eu cette médaille. C’est aussi la leur. Maintenant ils peuvent se reposer (sourires).

Tes coéquipières ne vont pas trop te manquer, à part les messines ?
C’est ce que j’allais dire. Nous sommes neuf messines donc on se revoit bientôt. Pour les autres, Allison, Pauline et Pauleta, on se revoit bientôt, rendez-vous sur le terrain, le 29 décembre (rires) (NDLR : Metz affronte Brest pour la reprise du championnat LFH). A part Doudou et Estelle, nous allons toutes nous croiser dans le championnat. Et puis, au pire, il y a les téléphones, nous sommes en 2018 (rires).

Tu as retrouvé ta famille à Créteil. Comment ont-ils vécu tes titres avec l’Equipe de France ?
Ils sont contents et fiers. Ils ont suivi la compétition sur beIN SPORTS. Ils étaient à fond. Depuis que je suis devenue professionnelle, ils essaient de regarder les matchs. Pendant la finale, il y avait toute la famille N’Gouan dans les tribunes. Cela m’a fait chaud au cœur. Je suis contente de leur faire voir ça. Ils ont rencontré le président Macron grâce à moi, et ça j’en suis fière. Vivre ça, c’est un plaisir.

Tu es très croyante. Ce côté spiritualité est important pour toi ?
Oui, les filles de l’équipe m’appellent « la sage ». Entre mes musiques et mes phrases pour rester positive, j’essaie de donner. Ça m’a fait grandir, et me permet de rester positive dans les moments assez durs avec la pression,… J’ai eu le soutien de mon église (NDLR : Christ pour les Nations) qui suivait tous les matchs. C’est important pour moi.

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